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Nouveau cessez-le-feu au Liban après de meurtrières violences menaçant l'accord irano-américain
information fournie par AFP 19/06/2026 à 21:35

Des habitants du sud du Liban fuyant avec leurs biens les raids israéliens à l'entrée de Saïda, le 19 juin 2026 ( AFP / MAHMOUD ZAYYAT )

Des habitants du sud du Liban fuyant avec leurs biens les raids israéliens à l'entrée de Saïda, le 19 juin 2026 ( AFP / MAHMOUD ZAYYAT )

Israël et le Hezbollah pro-iranien sont convenus vendredi d'un cessez-le-feu, selon un responsable américain, après un regain de violences meurtrières au Liban qui met à l'épreuve le protocole d'accord signé par Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Depuis la nuit de jeudi, les frappes israéliennes ont fait 47 morts et près d'une centaine de blessés, selon les autorités libanaises.

L'armée israélienne a fait état de son côté de la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé.

Il s'agit du bilan le plus lourd depuis la conclusion, lundi, de l'accord irano-américain qui prévoit un arrêt des hostilités "sur tous les fronts, y compris au Liban" - un point sur lequel Téhéran, allié du mouvement islamiste libanais Hezbollah, avait insisté.

Israël "fera payer un prix très lourd au Hezbollah", a réagi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, jurant que l'armée resterait dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire".

- "Guerre permanente" -

"Tout le Liban doit brûler", a menacé son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, accuse lui Israël de vouloir "la guerre permanente".

L'armée israélienne dit avoir frappé vendredi "plus de 150 cibles" et tué "des dizaines" de membres du Hezbollah.

Le groupe chiite a lui dénoncé "des massacres de civils". Ses combattants "défendront leur terre et leur peuple", a-t-il assuré avant l'annonce d'une trêve.

Ce cessez-le-feu, après un précédent le 17 avril, jamais respecté, a été négocié par les médiateurs américains et qataris après des discussions avec Israël et l'Iran, a indiqué à l'AFP un responsable américain sous couvert de l'anonymat.

La fumée d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Choukine, vue depuis Marjayoun, dans le sud du Liban, le 19 juin 2026 ( AFP / - )

La fumée d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Choukine, vue depuis Marjayoun, dans le sud du Liban, le 19 juin 2026 ( AFP / - )

Israël "demeure fermement engagé à un cessez-le-feu immédiat" mais si le Hezbollah en fait autant, a déclaré sur X son ambassadeur aux Etats-Unis, Yechiel Leiter.

Le président libanais, Joseph Aoun, a plaidé de son côté lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, pour un "cessez-le-feu global", une "base fondamentale" pour lui avant la reprise des négociations lundi à Washington entre Israël et le Liban.

Malgré l'annonce de la trêve, l'aviation israélienne a mené dans l'après-midi une nouvelle frappe, affirme l'agence nationale d'information libanaise ANI (officielle). Mais l'ambassadeur Yechiel Leiter a démenti, en précisant qu'Israël avait cessé toutes ses opérations offensives depuis la fin de matinée.

De nombreux habitants fuyaient vendredi le sud du pays, voitures bondées, avec matelas et effets personnels.

"Nous étions chez nous quand, soudain, les bombardements ont commencé. Ils n'ont épargné aucune ville, aucune maison", raconte Zeinab Nasser, 69 ans, bloquée avec son mari dans des embouteillages à Saïda. "Les avions militaires israéliens ne quittent jamais le ciel".

En Israël, les habitants ne croyaient pas trop à un arrêt des combats.

"Les cessez-le-feu en Israël ne tiennent jamais. Pourquoi? Parce que ce genre de pays a tellement d’ennemis. Et si le gouvernement n’a pas trouvé de solution à cette situation depuis 20 ans, je ne l’ai pas non plus", estime Shaked Levi, 20 ans.

"Il ne peut pas y avoir de cessez-le-feu durable avec ces groupes terroristes", juge pour sa part Ali Cohen, également âgé de 20 ans.

Report sine die

Parallèlement, la Suisse a annoncé le report sine die des négociations prévues vendredi entre Téhéran et Washington, censées lancer un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire et mener à un accord final.

"Il n'y a aucune urgence", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. "Mais nous comptons organiser une réunion dans les prochains jours".

Le chef de la diplomatie du Pakistan, pays médiateur, doit lui rencontrer dimanche au Caire ses homologues égyptien, saoudien et turc, eux aussi impliqués dans les tractations.

La semaine avait pourtant démarré sur l'annonce puis la signature d'un protocole d'accord pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei l'a aussi approuvé malgré des réserves.

Les négociations "ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a averti dans un message écrit l'ayatollah, qui n'a toujours pas été vu en public depuis son entrée en fonction.

Trafic en suspens à Ormuz

Le trafic, qui avait repris jeudi dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, s'est tassé vendredi face aux nouvelles exigences iraniennes. Les bateaux souhaitant le franchir doivent en effet soumettre une demande 48 heures avant.

L'Iran avait verrouillé ce détroit au début de la guerre, les Etats-Unis imposant en représailles un blocus des ports iraniens, levé jeudi.

Conformément aux termes du protocole, aucun frais ne sera perçu pendant 60 jours, a rappelé Téhéran.

Reflet d'un regain des craintes, les prix du pétrole se sont stabilisés autour de 80 dollars le baril de Brent de la mer du Nord.

14 commentaires

  • 19 juin 22:08

    Qu’en 63
    Et toi à l.asile


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